
Tout au long de l’année 2009, l’Anjou célèbre les 600 ans de la naissance du roi René, une occasion de (re)découvrir plus de 10 sites angevins qui proposeront de nombreuses manifestations intégrant les multiples facettes de ce personnage singulier et contrasté.
Fils cadet de Louis II d’Anjou et de Yolande d’Aragon, le roi René naît en 1409 au château d’Angers. Devenu duc de Bar, il épouse en 1420 Isabelle de Lorraine. En 1434, à la mort de Louis III, son frère aîné, il hérite des titres de duc d’Anjou, de comte du Maine et de comte de Provence et l’année suivante, à la mort de Jeanne II, du titre de roi de Naples, Sicile et Jérusalem. Captif du duc de Bourgogne, il ne parviendra à se rendre en Italie qu’en 1438 et perdra définitivement le royaume de Naples en 1442. Il participe à la guerre de Cent ans aux côtés de Charles VII et y rencontre Jeanne d’Arc.
Le roi René est le père de Marguerite qui, épousant Henry VI, deviendra reine d’Angleterre.
Veuf d’Isabelle en 1453, il épouse l’année suivante Jeanne de Laval. En 1471, alors que se dégradent ses relations avec son neveu, Louis XI, roi de France, il quitte définitivement l’Anjou pour la Provence où il meurt en 1480. La mémoire de ce souverain apparaît dès le XVIe siècle et s’amplifie au XIXe siècle.
Partageant son temps entre la Provence, dont il est le comte, et l’Anjou, il apparaît comme un grand prince, amateur de tournois, mécène, écrivain-poète, ouvert au monde et aux sciences nouvelles. Il présente par rapport à son époque une image très contrastée. Il incarne la culture polyglotte de ces grands princes laïcs du XVe siècle qui, par le biais des voyages et des livres, s’ouvrent à une connaissance du monde plus scientifique, plus géographique. Il est fasciné par l’Italie où déjà se manifestent les prémices de la Renaissance. Dans le même temps, les aléas de la vie et ses attirances intellectuelles le conduisent à prendre des distances avec les codes aristocratiques. Il fuit la vie réelle dans un tourbillon de spectacles oniriques ou exotiques puis, à la fin de sa vie, se consacre à des méditations poétiques ou mystiques. Le roi René incarne une sorte de pont entre la mélancolie propre à "l’automne du Moyen Âge" et un intellectualisme solitaire qui préfigure la Renaissance.
Duc d’Anjou de 1434 jusqu’à sa mort en 1480, le roi René a toujours témoigné de son attachement à sa province natale, où il a séjourné de façon répétée, non seulement dans son château d’Angers, tête de son duché, mais aussi dans de nombreuses résidences de plaisance auxquelles il a voué un intérêt réel.
Le Centre des monuments nationaux, au château d’Angers, et plusieurs sites attachés à la mémoire du roi René se sont rapprochés pour élaborer un projet patrimonial et culturel qui se déroulera tout au long de l’année 2009. Il s’agit des châteaux de Baugé, Montriou (Feneu),
Chanzeaux, Saumur, du manoir de Launay (Villebernier) auxquels se sont joints le Conseil général du Maine-et-Loire, les villes d’Angers, de Saumur et des Ponts-de-Cé.
Du 21 mars au 12 juillet 2009, sera présentée à la Collégiale Saint-Martin (Angers) une exposition consacrée au roi René, évoquant les traits marquants de la personnalité de ce souverain hors du commun autour duquel s’est forgée la légende du "bon roi René".
Le parcours de l’exposition est conçu comme un cheminement progressif avec le support de différentes expressions artistiques (peinture, vitrail, gravure, sculpture, tapisserie...). La devise du roi René, "D’ardent Désir", sera le fil rouge de l’exposition. De nombreux événements sont également proposés à cette occasion : concerts, médiations pédagogiques, animations tout public…
Au cours de l’été 2009, une opération fédérative à l’initiative du Centre des monuments nationaux présentera un portrait en mosaïque du roi René. Chaque site participant illustrera l’une des facettes du roi René : au manoir de Launay à Villebernier, les tournois et l’oeuvre théorique sur la chevalerie ; à Saumur, l’architecture, les femmes de l'entourage du roi et la bonne chère ; au château de Montriou à Feneu, château de l’illustre famille de Beauvau, l’amour des jardins et l’art religieux ; au château d’Angers, l’architecture, la vie de cour et les arts chevaleresques ; à la collégiale Saint-Martin d’Angers et au château de Chanzeaux le rayonnement de la légende du roi René ; aux Ponts-de-Cé, les tournois et la fête populaire ; au château de Baugé, la chasse ; à Angers, des croisières et une exposition patrimoniale.